Une importante délégation de parlementaires iraniens a récemment séjourné en République Démocratique du Congo. Conduits alors par le député Hamid Reza Haji Babaei, les membres de la délégation, ont été chaleureusement accueillis par les autorités congolaises.
Officiellement il s’agissait d’une visite amicale sur invitation des députés de la RDC. Mais selon certaines indiscrétions, au-delà du caractère amical mentionné par les autorités locales, cette visite serait une mission de reconnaissance, d’autant plus que le pays des Ayatollahs s’entête à s’enrichir de l’uranium dont le Congo en dispose.
Un réservoir naturel
Ravagé par une longue et violente guerre civile (1996-1997, 1998-2003), la République Démocratique du Congo qui est le troisième pays d’Afrique en termes de superficie (2.344 860 km2) après le Soudan (2 505 810 km2) et l’Algérie (2 381 741 km2), suscite des convoitises notamment en raison de son sous-sol très riche en ressources naturelles. En effet le pays est un important réservoir. On y retrouve : cobalt, diamants, cuivre, or, coltan, zinc, étain, nickel…
La région du Katanga par exemple, dans le Sud du pays, est qualifiée de « ceinture du cuivre » avec près de 10 % des réserves mondiales et 34 % de cobalt. En Ituri dans le Nord-Est, la mine d’or de Kilo-Moto est l’un des derniers grands gisements de la planète. Le Kasaï regorge également de 30 % des réserves mondiales de diamants. De quoi susciter les convoitises.
Mais cette fortune minière ne profite pas aux Congolais. L’essentiel des minerais est exploité à bas prix par des compagnies étrangères, et le pays reste l’un des plus pauvres au monde
Les dessous de la visite
L’ambassadeur plénipotentiaire d’Iran, Hamib Reza Ghomi qui accompagnait la délégation des parlementaires iraniens rencontrer les membres du gouvernement congolais a déclaré à cette occasion que Téhéran était disposé à « accompagner la République Démocratique du Congo dans sa phase de redressement ». Cette aide concernera les domaines de la santé, l’agriculture, l’industrie et l’informatique. Il a à cet effet pris l’engagement de mettre tout en œuvre pour que tous les projets retenus et approuvés par les parlementaires soient réalisés dans les brefs délais.
Cette main tendue de l’Iran à la RDC selon des sources concordantes n’est guère fortuite. L’Iran utiliserait le canal de la coopération pour assurer son entrée dans le pays et profiter de cette importante richesse minière. En effet le « réchauffement des relations » entre les deux pays intervient au moment où Téhéran malgré les menaces de sanctions de l’Onu multiplie des recherches de partenariats pour l’enrichissement de l’uranium afin de se doter du nucléaire.
Il faut relever que le programme nucléaire iranien, dont des installations clandestines avaient été découvertes en 2002, est soupçonné par la communauté internationale de comporter un volet militaire visant à doter la République islamique d'une bombe atomique. Arguments dont ne cessent de contester les autorités iraniennes qui assurent que ce programme d’enrichissement est exclusivement réservé à l’usage civil. Téhéran précise que son objectif est de développer la capacité de production de l'énergie nucléaire, afin de générer de l'électricité, dans le pays. Le gouvernement du président Mahmoud Ahmadinejad planifierait ainsi de générer 6 000 MW d'électricité cette année.
La présence des parlementaires iraniens en République démocratique du Congo qui dispose d’uranium naturellement enrichi, est loin de rassurer la communauté internationale. Une visite qui pour certains observateurs permet de « baliser le chemin » au pouvoir de Téhéran qui par le biais de la coopération pourrait profiter des faiblesses du pays pour se doter de cet uranium. L’inquiétude est grandissante dans la mesure où la seule mine d'uranium du Congo Démocratique, située à Shinkolobwe dans le Sud-est, officiellement fermée depuis 1960 est régulièrement investie par des groupes mafieux. Et l’Iran ne serait pas à sa première tentative d’extorsion de l’uranium congolais. En août 2006, le célèbre journal britannique le Sunday Times avait révélé qu’une importante cargaison d’uranium 238 en provenance de la RDC à destination de l’Iran avait été saisie en Tanzanie. L’information avait été démentie par les autorités iraniennes et congolaises. L’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) a ouvert une enquête à ce sujet. Il faut relever que c’est l’Uranium de la République Démocratique du Congo qui a servi à la fabrication de la première bombe atomique larguée en 1945 à Hiroshima pendant la deuxième guerre mondiale.
La montée de l’intégrisme.
Les craintes des puissances occidentales se situent également au niveau du ralliement par les « Mollahs » des populations vulnérables, à la doctrine chiite. Certes le Congo démocratique est en majorité constitué des populations chrétiennes, mais la pauvreté grandissante, la crise économique, le chômage qui touche près de 80% des jeunes, sont des facteurs à faciliter l’endoctrinement. En effet, depuis quelques années, les Mollahs iraniens écument les quartiers pauvres des capitales africaines afin de recruter des « futurs kamikazes ». Et l’attitude attentiste et surtout naïve des autorités congolaises, incapables de contrôler les 9.000 km de frontières avec les pays voisins dont l’Angola, le Rwanda, le Burundi etc. laisse dubitatif, et ne rassure surtout pas quant à la sortie de crise du Pays.